Le jour où j'ai quitté New York... - A On the Road
669
single,single-post,postid-669,single-format-standard,edgt-core-1.2,ajax_fade,page_not_loaded,,vigor-ver-2.0, vertical_menu_with_scroll,smooth_scroll,side_menu_slide_with_content,width_370,wpb-js-composer js-comp-ver-5.2,vc_responsive
London

Le jour où j’ai quitté New York…

Voilà deux mois aujourd’hui que j’ai quitté New York.

Il m’aura donc fallu tout ce temps pour me décider à reprendre l’écriture de mon blog, deux mois de réflexion, deux mois à appréhender la suite, à regarder derrière moi, ou au contraire, à essayer d’aller de l’avant, deux mois d’hésitation, de réminiscences nostalgiques ou réconfortantes, deux mois à peser le pour et le contre, deux mois à m’habituer à me déshabituer, à chercher ces repères familiers, à retrouver ses marques, à attendre l’inspiration, deux mois pour me convaincre que le coup de foudre est éphémère, si c’est le cas, ne vaut-il pas mieux le quitter alors qu’on l’aime encore plutôt que de s’en aller, lasse, épuisé? Deux mois à me dire « Et si… » Et si…? Et si..?

Parce que voilà, New York, j’en étais tombé amoureux avant même d’y poser le pied, j’en connaissais les moindres recoins, j’en avais dressé des listes de choses à voir, à faire, à goûter. J’en rêvais comme un gamin impatient de déballer ses cadeaux un matin de Noël, j’en étais passionné, de la même passion qui anime les artistes, j’y voyais une toile blanche, un tableau à inventer, et tous les angles, toutes les coutures, tout, absolument tout devenait source d’inspiration. Et tout était naturel. Imprévisible. Tout était différent. Tout n’était pas rose pour autant. Cette année de vie a New York aura également été l’une des plus éprouvantes. Je n’oublie pas ces moments là mais ils tendent à se lisser, s’éclaircir d’une lumière plus douce, ils ne sont pas seulement difficiles, ils deviennent aussi formateurs, riches d’expérience et s’offrent, avec le temps, un regard plus léger, on en rie parfois, on s’étonne souvent, on se félicite de ne pas avoir abandonné, on se satisfait d’en être devenu plus grand.

Comme aujourd’hui. Je me pose encore beaucoup de questions. Serais-je toujours aussi inspiré? Aurais-je encore des choses à écrire? Trouverais-je l’envie de le faire? Il m’aura donc fallu deux longs mois pour me sentir prêt à répondre à mes questions. J’ai longtemps pensé que si j’écrivais c’était à cause, ou grâce à New York. Finalement, peut-être pas. Si j’écris, c’est peut-être tout simplement parce c’est une partie de moi. Il m’aura simplement fallu deux mois pour m’en rendre compte. Et alors que s’ouvre ce nouveau chapitre, je me dis aussi que j’en aurai des choses à raconter à mes enfants. Je leur raconterai ces voyages, ceux qu’on ne peut oublier, je leur dirai pourquoi il faut se donner le temps parfois, je leur parlerai des déceptions, des regrets, des doutes et de la solitude, mais je leur dirai surtout à quel point j’aurai été chanceux de voir tout ce que j’ai vu, d’aller là où j’ai toujours rêvé d’aller. Et puis, je leur dirai aussi de se laisser le droit à l’erreur, et qu’il est nécessaire de se tromper, qu’on a rien sans rien et qu’on est toujours plus heureux quand on fait les choses avec amour.

Je ne sais pas quand je retournerai à New York. Je sais simplement qu’un jour, quand je serai prêt, j’aurais toutes les joies du monde à retrouver le quartier où j’ai vécu, l’immeuble où j’ai habité, les chemins parcourus aux quatre saisons de l’année et tous les lieux auxquels je suis attachés. Mais je crois que ce n’est pas pour tout de suite. Ce n’est pas grave. Je saurai être patient. En attendant, j’appréhende mon nouveau chez moi, l’autre ville, celle que je me sens coupable d’aimer de plus en plus. Celle pour laquelle j’imagine, je l’avoue, écrire un jour. Je lui donne sa chance, elle le mérite tout autant. Mais cette fois, c’est différent. Ici tout me rappelle chez moi et c’est ce dont j’ai besoin, je m’en rends compte à présent, de me sentir, quelque part, chez moi. Une chose que New York n’a jamais pu m’offrir. En sachant cela, je réalise que le plus dur est derrière moi et que quitter New York n’était finalement pas le plus difficile. Le plus difficile aurait été d’y rester sans jamais pouvoir y être vraiment chez moi.

Alors ici, tout me semble plus simple, presque facile, parce que je me suis endurci sans doute, parce que je sais davantage ce que je veux peut-être, parce que je suis plus près de tout ou que je suis heureux tout simplement. La suite reste encore floue, trop lointaine pour se dessiner en détails à mes yeux, mais tant qu’aujourd’hui tout va bien, alors, tant mieux. Et de là où je suis, le prochain chapitre porte un nom plein de promesses, le début d’une nouvelle histoire à lui tout seul, je n’en connais pas encore le titre, mais sur la première page, au début de la première ligne, au premier mot, on pourrait lire, en lettre minuscule, son nom, à elle, l’autre ville, celle par qui tout recommence, de son charme si typique, de ses accents si bien marqués, qu’il est beau ce premier matin d’octobre, on s’y croirait pas et pourtant, c’est bien à Londres que l’on est…

London

Alex
alex.zouaghi@yahoo.fr

Parisian of heart, recently Londoner and former New-Yorker, Alex, 28, teacher by day and passionate blogger and photographer the rest of the time, has developed a strong interest for travels and adventures since he decided to move to Beijing in 2011. Always ready to go back on the road, Alex is more than decided to hump on new adventures that will lead him all around the world!

14 Comments
  • Sophie
    Répondre

    Magnifique article qui m’a beaucoup touchée. J’espère que tu auras l’opportunité de retourner à New-York comme tu le souhaites. Et j’espère aussi que tu continueras à écrire car j’apprécie beaucoup tes articles avec une super plume =)

    4 octobre 2015 at 10:10
  • Bonne aventure à Londres ! 🙂

    4 octobre 2015 at 4:25
  • Marie
    Répondre

    Quel article touchant! Je suis heureuse de savoir que tu reprends l écriture. Londres est une ville pleine de surprises, j’ai hâte de lire tes aventures là-bas!

    4 octobre 2015 at 4:38
  • Je suis ravie de te relire avec ce très joli texte. Je me reconnais en tes mots sur New York que tu as aimé avant même de l’avoir rencontrée… Je te souhaite le meilleur à Londres et merci d’avoir décidé de continuer à écrire. Longue vie à ces jolis RV par ici aussi !
    Joëlle

    4 octobre 2015 at 8:02
  • Lucia
    Répondre

    Bonsoir Alex,
    Alors ça y est, tu t’es remis à l’écriture!!c’est tout simplement sublime..
    J’ en avais les larmes aux yeux, tu te livre complètement, j’ai vraiment adorée,c’est tellement touchant… Et le titre… Je t’en avais déjà parlé, je ne sais pas si tu t’en souviens, mais tu devrais vraiment aller plus loin, c’est ce que tu aimes faire, alors ne gache pas ce talent!!que tu as c’est évident. Je continue toujours à te suivre, même si il n’y a pas de commentaire… J’aurais aimé que quelqu’un écrive pour moi comme cela whaou !!!

    4 octobre 2015 at 8:37
  • Isabelle Dunglas
    Répondre

    Partout tu seras un peu chez toi parce que c’est le monde qui t’habite. Toutes ces villes ont bien de la chance de t’accueillir 🙂
    Belles et bonnes nouvelles amours citadines ! Rends-nous vite compte de tes découvertes.

    5 octobre 2015 at 5:11
  • cet article est sublime !

    31 août 2016 at 8:25

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :